# Maître Liu vous guide : Comment un étranger peut-il émettre des factures après l'immatriculation de sa société à Shanghai ? Bonjour à tous, je suis Maître Liu. Après plus d'une décennie chez Jiaxi Fiscal à accompagner des centaines d'entrepreneurs étrangers dans leur implantation à Shanghai, une question revient invariablement après les fébriles démarches d'enregistrement : *« Et maintenant, comment fait-on pour émettre des factures à nos clients ? »*. C'est le moment où l'aventure entrepreneuriale rencontre la réalité opérationnelle. L'obtention du droit d'émettre des factures, ou *« l'ouverture du ticket fiscal »* comme on dit dans le métier, n'est pas automatique. C'est une étape administrative cruciale, souvent source de confusion pour un dirigeant étranger. Cet article se propose de vous éclairer, en détaillant le parcours, de l'immatriculation à la première facture légale, en passant par les pièges à éviter et les bonnes pratiques à adopter. Accrochez-vous, on entre dans le vif du sujet.

Le Parcours Administratif

Beaucoup pensent qu'une fois le business license en poche, l'entreprise est opérationnelle. C'est une erreur courante. L'immatriculation auprès de l'Administration du Marché (SAMR) n'est que la première étape. Pour émettre des factures, il faut d'abord compléter l'enregistrement fiscal auprès du Bureau des Impôts. Ce processus, que nous appelons souvent "l'enregistrement initial", implique de fournir une série de documents, dont le certificat d'immatriculation, le contrat de bail du siège social (avec le justificatif de propriété du bailleur), les pièces d'identité des représentants légaux et des actionnaires, ainsi que les formulaires dûment remplis. Un point critique souvent négligé : la déclaration de la "capacité de facturation". Il faut explicitement demander le volume de factures mensuel estimé et le plafond de montant par ticket. Sous-estimer peut entraîner des blocages rapides, surestimer peut déclencher un audit préalable. Je me souviens d'un client, directeur d'une petite société de conseil, qui avait déclaré un besoin de 50 factures par mois pour un montant max de 10 000 RMB. Dès le troisième mois, ses projets ayant décollé, il devait facturer 80 000 RMB à un client. Impossible. Nous avons dû retourner au Bureau des Impôts pour réviser son quota, ce qui a pris deux semaines et a failli compromettre son contrat. La leçon : une projection réaliste et légèrement anticipée est primordiale.

Ensuite, il faut choisir le type de facture. La plus courante pour les PME est la Facture Générale (增值税普通发票), mais si vos clients sont des entreprises assujetties à la TVA et ont besoin de déduire leur crédit d'impôt, il vous faudra la Facture Spéciale (增值税专用发票). L'obtention de cette dernière est soumise à des conditions plus strictes, notamment une comptabilité régulière et une certaine stabilité opérationnelle. Le Bureau des Impôts peut refuser la délivrance initiale de Factures Spéciales et imposer une période d'observation avec des Factures Générales. Il faut donc bien comprendre le modèle économique de ses clients pour faire le bon choix dès le départ.

L'Équipement Nécessaire

Une fois l'autorisation obtenue, il faut s'équiper. Aujourd'hui, deux voies coexistent. La traditionnelle : le *« tax control device »* (税控器), un boîtier physique (souvent une clé USB ou un petit appareil) qui doit être connecté à l'ordinateur pour émettre et chiffrer les données de la facture. Il faut l'acheter ou le louer auprès du fournisseur agréé (comme Baiwang ou Aisino). La procédure : après réception de l'avis d'autorisation du Bureau des Impôts, on se rend chez le fournisseur avec les documents de l'entreprise, on achète l'appareil, on l'initialise, et on retourne au Bureau des Impôts pour le "blanchiment" (发行), c'est-à-dire l'activation officielle liée à votre numéro fiscal.

La voie moderne, que je recommande de plus en plus : la facturation via la plateforme en ligne du Bureau des Impôts, sans matériel physique dédié. C'est plus simple, moins coûteux, et accessible partout. Cependant, elle nécessite une authentification renforcée (souvent via la banque ou une appli mobile dédiée) et une connexion internet stable. Pour une entreprise étrangère dont le représentant légal est à l'étranger une partie de l'année, cette solution est une bénédiction. Elle permet de signer et d'émettre des factures à distance, sous réserve d'avoir configuré les autorisations nécessaires. Attention, le choix entre matériel et plateforme en ligne n'est pas toujours libre ; il dépend parfois des politiques locales du bureau des impôts de votre district à Shanghai.

La Rédaction Conforme

Émettre une facture, ce n'est pas remplir un bon de commande. La réglementation chinoise est très précise sur le contenu obligatoire. Outre les informations standards (numéro de facture, date, vendeur, acheteur), il faut porter une attention extrême aux détails suivants. Le nom de l'acheteur et son numéro d'identification fiscale (税号) doivent être parfaitement exacts. Une faute de frappe sur le numéro de taxe d'un client peut rendre la facture inutilisable pour sa déduction, et vous obliger à annuler et réémettre, une procédure lourde. Le nom des biens ou services doit être clair et standardisé, évitant les descriptions trop vagues ou personnalisées.

Le montant, la taxe (TVA) et le total doivent être calculés et affichés séparément. Le taux de TVA applicable (3%, 6%, 9%, 13%...) dépend de votre secteur d'activité et de votre statut (entreprise générale ou petite entreprise à faible taux). Se tromper de taux est une faute grave. Enfin, la facture doit être signée électroniquement via le système (ou scellée par le cachet de l'entreprise sur une version papier, de plus en plus rare). J'ai vu une startup tech perdre un mois de délai de paiement parce que le nom du client sur la facture était une abréviation non officielle, et que le service comptable du client a tout simplement refusé de traiter le document. Ces détails, qui semblent bureaucratiques, ont un impact cash flow direct.

Gestion et Archivage

Émettre une facture, c'est bien. Gérer le cycle de vie de cette facture, c'est indispensable. Toute facture annulée ou défectueuse doit faire l'objet d'une procédure de "red line" (红冲) : on émet une facture négative du même montant pour l'annuler, puis on peut en réémettre une correcte. Cette opération doit être faite dans le système, avec une justification valable. Par ailleurs, les factures reçues de vos fournisseurs (vos "input invoices") sont tout aussi importantes, car elles constituent le crédit d'impôt qui réduira votre taxe à payer. Il faut les vérifier, les enregistrer et les archiver soigneusement, physiquement et/ou électroniquement.

La loi impose un archivage des factures émises et reçues pendant une durée minimale (généralement 10 ans). En cas de contrôle fiscal, ce sera le premier document demandé. Pour un entrepreneur étranger, mon conseil est d'investir dès le départ dans un logiciel de gestion comptable simple ou de sous-traiter cette partie à un prestataire comme Jiaxi Fiscal. La tentation de tout gérer sur un tableur Excel est grande, mais le risque d'erreur et de perte de document est trop élevé. Une mauvaise gestion des factures peut mener à des pénalités, des blocages de l'émission future, et ternir la réputation de l'entreprise auprès des autorités.

Les Défis Spécifiques

Pour un dirigeant étranger, les défis vont au-delà de la procédure. La barrière linguistique est évidente : les interfaces des logiciels fiscaux et les communications du Bureau des Impôts sont majoritairement en chinois. Une incompréhension peut coûter cher. Ensuite, il y a la barrière culturelle administrative. La relation avec le Bureau des Impôts n'est pas purement transactionnelle ; établir un contact, comprendre les attentes implicites du gestionnaire de votre dossier (专管员) est utile. Ce n'est pas du "guanxi" au sens clientéliste, mais du professionnalisme relationnel.

Enfin, le défi du temps et de la distance. Les procédures se font en présentiel, ou nécessitent des authentifications en ligne qui peuvent être complexes sans un numéro de téléphone mobile chinois ou une carte bancaire locale. Un représentant légal qui voyage beaucoup peut se retrouver bloqué pour signer une facture urgente. Les solutions existent : procuration à un employé local de confiance (avec les formalités adéquates auprès du Bureau des Impôts), ou adoption des outils de facturation en ligne les plus avancés. Dans tous les cas, anticiper ces goulets d'étranglement fait partie de la construction d'une structure opérationnelle résiliente.

Évolution et Perspectives

Le paysage de la facturation en Chine évolue rapidement vers la digitalisation totale. Les "tax control devices" physiques sont en voie de disparition au profit de systèmes cloud intégrés. Le projet "Golden Tax Phase IV" (金税四期) est en cours de déploiement. Il s'agit d'un système de surveillance fiscale hyper-connecté, croisant les données de la banque, des douanes, du commerce, etc. Dans ce contexte, la conformité absolue dans l'émission et la réception des factures n'est plus une simple recommandation, mais une condition de survie de l'entreprise.

À mon avis, pour l'entrepreneur étranger, cela représente à la fois un défi et une opportunité. Un défi car la marge de manœuvre se réduit, toute irrégularité est rapidement détectable. Une opportunité car les procédures, une fois comprises et intégrées, deviennent plus fluides et prévisibles. L'avenir est à l'automatisation : l'intégration entre le logiciel de gestion d'entreprise (ERP/CRM) et la plateforme de facturation officielle va se généraliser, réduisant les saisies manuelles et les erreurs. L'entrepreneur avisé devra donc non seulement maîtriser les règles actuelles, mais aussi se tenir informé de ces évolutions techno-réglementaires.

Comment un étranger peut-il demander des factures après l'immatriculation d'une société à Shanghai ? ## Conclusion Naviguer le processus d'obtention et de gestion du droit à facturation à Shanghai pour une entreprise à capitaux étrangers est un passage obligé, semé de détails procéduraux mais parfaitement maîtrisable avec une bonne préparation. Nous avons vu qu'il s'agit d'un parcours en plusieurs étapes : enregistrement fiscal post-immatriculation, choix et demande du type de facture adéquat, acquisition de l'équipement ou de l'accès logiciel, apprentissage de la rédaction conforme, et mise en place d'une rigoureuse discipline de gestion et d'archivage. Les défis linguistiques, culturels et logistiques sont réels, mais ne doivent pas décourager. Au contraire, une approche méthodique et le recours à un conseil professionnel local permettent de transformer cette obligation administrative en un atout pour une gestion saine et pérenne de l'entreprise. L'évolution vers une fiscalité entièrement digitalisée (Golden Tax IV) rend la transparence et la conformité plus critiques que jamais. Investir du temps et des ressources pour bien configurer ce volet opérationnel dès le départ n'est pas une dépense, mais un investissement dans la crédibilité et la stabilité de votre affaire en Chine. --- ### Perspective Jiaxi Fiscal sur la Facturation pour les Entreprises Étrangères à Shanghai Chez Jiaxi Fiscal, avec nos années d'accompagnement, nous considérons la maîtrise de la facturation comme le **système circulatoire** de l'entreprise en Chine. C'est bien plus qu'une fonction administrative ; c'est le lien tangible avec vos clients, vos fournisseurs et l'État. Notre expérience nous montre que les difficultés ne résident pas dans la complexité technique intrinsèque des procédures, mais dans leur **imbrication avec la stratégie commerciale** et dans **l'anticipation des besoins évolutifs**. Nous préconisons une approche en trois temps : **1. Stratégique**, en amont de l'immatriculation : il faut modéliser les flux de revenus, identifier le profil des clients (B2B/B2C, local/international) pour déterminer le type de facture à demander et les quotas initiaux. **2. Opérationnelle**, au lancement : mettre en place des processus clairs et des outils adaptés (choix du matériel/cloud, désignation d'un responsable, templates de factures) pour éviter les erreurs coûteuses dès les premiers mois. **3. Évolutive**, dans la croissance : réviser régulièrement les quotas, se tenir informé des changements réglementaires (comme les nouveaux taux ou les déductions sectorielles), et préparer l'évolution vers la facturation électronique full-cloud. Le vrai risque, selon nous, est l'improvisation et le traitement de la facturation comme une corvée annexe. Une entreprise qui documente et automatise ce processus gagne en efficacité, en sécurité juridique et en crédibilité auprès de tous ses partenaires. Notre rôle est de vous fournir non seulement l'expertise procédurale, mais aussi cette vision intégrée, pour que votre énergie se concentre sur le développement de votre activité, en toute sérénité administrative.